Musc (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle. Emprunté du latin muscus , « parfum ». Substance à l'odeur forte, sécrétée par certains mammifères et qui peut leur servir à éloigner leurs ennemis. Désigne le plus souvent une matière odorante sécrétée par une glande abdominale d'un quadrupède cervidé d'Asie, de la taille d'un chevreuil, qu'on appelle Porte-musc . Le prend en se desséchant un aspect grumeleux. Un grain de . Couleur de , couleur brune évoquant celle de cette sécrétion. Par anal. Musc artificiel , obtenu par synthèse. Par méton. Produit obtenu à partir du naturel ou du de synthèse, qui entre dans la composition de nombreux parfums.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Matière odorante que contient une poche située dans le ventre d'un Quadrupède ruminant, de la taille d'un chevreuil. "Ce vêtement sent le . Un grain de ."
Il se dit, par extension, du Quadrupède lui-même, appelé aussi PORTE-



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Animal ruminant qui produit le , dit aujourd'hui porte- ou chevrotain porte- (moschus moschiferus, L.).

 2   Substance odorante que l'on trouve dans une poche située entre l'ombilic et les parties de la génération de cet animal.
BUFF.: « Pour achever l'histoire des chèvres, des gazelles, des chevrotains et des autres animaux de ce genre, il ne nous manque que celle de l'animal aussi célèbre que peu connu duquel on tire le vrai »
RAYNAL: « La plus grosse vessie ne produit qu'une demi-once de ; son odeur est naturellement si forte, que, dans l'usage ordinaire, il faut la tempérer en y mêlant des parfums plus doux »
CHATEAUBR.: « Le paradis de Mahomet est une terre de et de la plus pure farine de froment »
BÉRANG.: « T'ai-je imprégné [mon habit] des flots de et d'ambre Qu'un fat exhale en se mirant ? »
    Fig.
BALZ.: « Je vous dirai, et il est aisé à tout le monde de le connaître, que mes écrits sentent beaucoup plus l'ambre et le , que l'huile ni la sueur »
    Musc kabardin, venant du Bengale ou plutôt du Thibet.

 3   Couleur de , espèce de couleur brune.
BUFF.: « Le poil est ondé ou jaspé de noir, sur un fond couleur de foncé avec trois bandes blanches distinctement marquées sur la poitrine »
    Drap , ou, simplement, , sorte d'étoffe qui était de cette couleur brune. Les s minimes, gris de Maure, couleur de roi et de prince, noisettes et autres de couleur semblable, Règl. sur les manuf. août 1669, teinturiers en soie, laine et fil, art. 30. Règlement pour la fabrique des draps fins, établis dans la ville de Romorantin, Arrêt du conseil, 8 mai 1718.
LESAGE: « Un appartement tapissé de drap »

 4   Peau de , peau parfumée de .

 5   Musc végétal, nom donné à l'huile essentielle de la atelline, de la mauve musquée (malva moschata, L. malvacées) et du mimulus moschatus, Dougl. (scrophularinées).

 6   Musc artificiel, espèce de résine jaune.

 7   Musc indigène, fiente de vache séchée au soleil.

 8   Herbe au , plante qu'on appelle aussi ambrette.

 9   Gros d'hiver, poire d'hiver, longue et verte, qui a beaucoup de parfum, mais qui est fort pierreuse.
    Au plur. Des gros s.

REMARQUE
    Du temps de Ménage on disait musque ; témoin le vaudeville : Je n'ai senti ni le musque ni l'ambre, etc.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
DE LABORDE: « Une pomme d'or pleine de musque, à une grosse perle au bout, garnie d'un gros bouton de perles et un dyamant »
    XVème siècle
DE LABORDE: « Une belle pomme de must, qui se euvre par le milieu »
     Arrêts d'amour, dans DE LABORDE, Émaux, p. 402: Leurs habitz sentoyent le cyprès Et le z si abondamment, Que l'on n'eust sceu estre au plus près Sans esternuer largement

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. ; anc. espagn. o ; ital. o, hio ; portug. almiscar ; arabe, almosk ; lat. um ; grec, qui n'est pas ancien dans la langue. Ces mots viennent du persan mosq, ; sanscrit, mushka, testicule.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Quadrupède ruminant, de la taille d'un chevreuil, et qui a près du nombril une poche pleine d'une matière dont l'odeur est fort pénétrante. "Un rognon de ."
Il se dit aussi de La matière odorante qui sort de cet animal. "Bon . Musc falsifié. Cela sent le . Un grain de . Odeur de ."
"Couleur de ," Espèce de couleur brune. "Gants, drap couleur de ."
"Peau de ," Peau parfumée de .



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Sorte d'animal de la grandeur d'un chevreuil, et qui a près du nombril une vessie ou poche pleine d'un amas de sang qui devient d'une odeur exquise. "Un rognon de ".
On appelle aussi "Musc," La liqueur qui sort de cet animal, et dont on fait du parfum. "Bon . Musc falsifié. Cela sent le . Un grain de ".
On appelle "Couleur de ," Une espèce de couleur brune. "Gants couleur de . Drap couleur de ".
On appelle "Peau de ," Une peau parfumée de .



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Sorte d'animal de la grandeur d'un chevreuil, & que les Naturalistes disent avoir près du nombril une vessie pleine d'un amas de sang qui devient d'une odeur exquise. "Un rognon de ."
On appelle aussi "Musc," La liqueur qui sort de cet animal, & dont on fait du parfum. "Bon . Musc falsifié. Cela sent le . Un grain de ."
On appelle "Couleur de ," Une espèce de couleur brune. "Gants couleur de . Drap couleur de ."
On appelle "Peau de ," Une peau parfumée de .



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Musk": "Richelet" écrit "musque" ou "musc", et préfère le premier: on ne dit plus que le second.] 1°. Sorte d'animal de la grandeur d'un chevreuil.
- 2°. La liqueur qui sort de cet animal. 'Grain de "musc". Cela sent "le ". '"Le " est mal sain et incomode. = "Couleur de ", espèce de couleur brune.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Sorte d'animal de la grandeur d'un chevreüil; & qui a vers le nombril une vessie pleine d'un amas de sang dont l'odeur est exquise. "Un rognon de ".
On appelle aussi, "Musc," La liqueur qui sort de cet animal, & dont on fait un parfum. "Bon . falsifié. cela sent le . un grain de . un rognon de ".




Emplacement dans le dictionnaire :

murrhe
murrhe
musacees
musacées
musagète
musaraigne
musard
musarder
musardise

muscade
muscadet
muscadier
muscadin
muscardin
muscat
muscicape
muscicole
musclé
muscle
muscler




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...faites comme des plumes gigantesques, et les gens qui se promenaient avaient de grands yeux veloutés qui semblaient se fermer sous le poids de leurs cils. Le vent qui poussait cette pluie sentait le musc et les fleurs. Des femmes lui faisaient signe de venir : quelque chose comme le écoute ici, joli garçon, entendu maintes fois dans Brest. Mais, au milieu de ce pays enchanté, leur appel était...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...de café-concert entre ses lèvres serrées pour retenir les épingles de sa coiffure. Elle lui promenait sur les lèvres ses bras nus, sa chair un peu affaissée, luxueusement rehaussée par des odeurs de musc et de patchouli. Elle l'avait quitté comme elle l'avait pris, sans lui donner d'explications, le mettant de côté comme une ombrelle qui a cessé de plaire. Mais elle l'avait marqué pour la vie, le flé...


Citation n°3 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...closes. Tirant négligemment des bouts de voilette ou des mouchoirs brodés qui traînaient dans ses poches, il les donnait à respirer à ses amis, qui s'extasiaient sur l'odeur du patchouli et du musc. Une immense considération rejaillissait sur lui. Très généreux du reste et payant tous les frais d'une noce à la fin de la soirée, d'un geste large, qui faisait rouler les pièces de cent sous sur...


Citation n°4 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...plus jeune, plus malléable et plus souple. Son histoire suivait, pas à pas, celle de notre langue. Le style parfumé Louis XIII, composé des éléments chers à cette époque, de la poudre d'iris, du musc, de la civette, de l'eau de myrté déjà désignée sous le nom d'eau des anges, était à peine suffisant pour exprimer les grâces cavalières, les teintes un peu crues du temps, que nous ont conservées...


Citation n°5 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...à marcher de l'avant, à plaquer une phrase fulminante dont le hautain fracas effondrerait le chuchotement de cette astucieuse frangipane qui se faufilait encore dans sa pièce. Il mania l'ambre, le musc-tonkin, aux éclats terribles, le patchouli, le plus âcre des parfums végétaux et dont le fleur, à l'état brut, dégage un remugle de moisi et de rouille. Quoi qu'il fît, la hantise du XVIIIe siècle,...


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